
Né en 1893, Emile aurait dû faire partie de la classe 1913. Il a été ajourné d’un an pour faiblesse puis il a été reconnu bon pour le service le 27 juin 1914 par la commission de réforme de Saint Lô.
Manque de chance pour lui, la guerre est déclarée par l’Allemagne le 03 août et la mobilisation générale est ordonnée le 1er Août 1914. Il partira à la guerre sans préparation préalable et vivra de nombreuses aventures.


Emile est incorporé au 28ème Régiment d’Infanterie en garnison à Evreux le 1er septembre 1914.

Il est arrivé au corps le 1O septembre et parti aux armées le 13 novembre. Le 28ème Régiment est alors engagé dans la vallée de l’Aisne (Loivre, Villers-Franqueux, secteur du Chauffour, ferme du Luxembourg, secteur du Godat, mont de Sapigneul, Berry-au-Bac, cote 108, ferme du Choléra, secteur de la Cimenterie). (source : chemindesdames.fr)
Le 16 février 1915, Emile est évacué malade à l’hôpital Gourdon dans le Lot pour motif inconnu.

Il part ensuite quelques semaines en convalescence en famille avant de retourner au dépôt le 23 avril 1915. Il rejoint le corps le 7 juillet 1915.
Cette période est assez documentée : « Le 25 août, le régiment part pour le grand repos dans la région de Saint-Pol, à Nuncq (Pas de Calais). Il y restera jusqu’au 21 septembre. Il y subit un entraînement intensif en vue d’une prochaine offensive à laquelle la division doit prendre part. La préparation est minutieuse : la position à attaquer est figurée, grandeur réelle, sur le terrain. Le général Foch vient lui-même exposer aux cadres la mission à remplir. On parle d’une débauche d’artillerie sans précédent. Dans la nuit du 21 au 22, le régiment, dont les hommes viennent d’être munis du nouveau casque, monte en secteur devant la crête de Vimy, face à son objectif : les Cinq-Chemins, le bois la Folie.

Jusqu’au 24 septembre, c’est la préparation : l’artillerie ouvre un feu d’enfer, les derniers travaux sont poussés, activement. Malheureusement, le 24 au soir, éclate un orage terrible, qui transforme les boyaux en fondrières. Les hommes sont trempés, alourdis par la boue qui s’accroche aux vêtements. Néanmoins les parallèles de départ sont garnies, les nouvelles de succès en Champagne et des succès des Anglais à Loos y parviennent. C’est avec enthousiasme, le 25 septembre, à l’heure H (midi25), après une action de lance-flammes menée par les pompiers de Paris, que la première vague franchit le parapet dans un superbe élan. Mais l’artillerie, malgré son effort, n’a pas opéré une destruction suffisante. Certaines organisations ennemies tiennent toujours, notamment la barricade des Cinq-Chemins. Jusqu’au 27 septembre, le régiment va s’user dans des attaques partielles. Le 28, à 13 h. 40, sur un nouvel ordre, l’attaque générale est reprise. Cette fois, c’est en dehors des boyaux, sur la plaine, que la progression s’effectue avec un élan remarquable. Les objectifs sont atteints : la barricade des Cinq-Chemins, le Chemin Creux, les Vergers de la Folie sont tombés entre leurs mains ».
source : http://vlecalvez.free.fr/historique28eRI.html
Emile est évacué malade le 30 septembre 1915 au dépôt d’éclopé de Somme Vesle (Marne) pour rhumatismes. Les dépôts d’éclopés accueillent les soldats exténués ou les blessés légers venant du front, ils repartiront au front après un court séjour (en général 15 jours), ils sont gérés par le Service de Santé militaire.

pour en savoir plus : https://www.archivespasdecalais.fr/Decouvrir/Chroniques-de-la-Grande-Guerre/Histoires-de-la-Grande-Guerre/Creation-du-depot-d-eclopes-d-Hesdin
Il en sort le 20 octobre et est admis à l’hôpital auxiliaire n°104 de Gap le lendemain

Il en sort le 16 novembre pour aller à l’hôpital complémentaire n°47 de Gap jusqu’au 20 novembre.
Il a droit à un mois de convalescence en famille avant de revenir au dépôt d’Evreux le 26 décembre 1915. Il est proposé pour changement d’arme (artillerie) par la commission de réforme d’Evreux le 29 mars 1916 pour arthrose au genou droit.
Il intègre le 11ème Régiment d’Artillerie de Campagne à la caserne Jeanne d’Arc de Rouen le 19 avril 1916, rejoint les armées le 16 juin à l’A.C.3

Emile participera à la bataille des Epargnes jusqu’en mars 1917, puis au chemin des dames avec une offensive lancée le 16 avril 1917. L’année 1917 place le Chemin des Dames au centre des événements militaires. En décidant d’attaquer le 16 avril entre Soissons et Reims, le général Nivelle compte sur la surprise pour remporter au Chemin des Dames une victoire décisive avec un million d’hommes. Son échec provoque une crise de confiance sans précédent dans l’armée.

Le 16 avril 1917 débute au Chemin des Dames l’offensive française commandée par le Général Robert Nivelle. L’objectif est de briser les lignes allemandes pour s’emparer de la ville Laon, noeud ferroviaire stratégique allemand. Mais l’échec est terrible. Après cette journée sanglante, on note pour la première fois dans l’histoire l’emploi des tanks par l’Armée française. Le 5 mai 1917, l’offensive est relancée par le général Nivelle . Les combats se déroulent au Moulin de Laffaux, à Braye-en-Laonnois, à Cerny-en-Laonnois, à Ailles, à Hurtebise, aux Plateaux des casemates et de Californie, situés au dessus des villages de Craonnelle et Craonne.
Pour en savoir plus sur le sujet : https://historyweb.fr/la-bataille-du-chemin-des-dames/
Emile est évacué pour blessure thoracique dans la région scapulaire gauche avec éclat de 10x4mm para vertébral, le 3 juin 1917. Soigné sur place, il est ensuite emmené à l’hôpital de guerre de Berck n°49 le 28 juin.

Après une permission du 30 juin au 6 juillet 1917, il retournera au dépôt le 7 juillet 1917.
Il va ensuite intégrer le 22ème régiment d’artillerie du 1er octobre 1917 au 31 mars 1918 en intérieur.
Il rejoint le 1er avril le 175ème Régiment d’Artillerie de Tranchée au moment de sa formation. Le 3 août, il est dirigé sur l’intérieur et est affecté au CIA (centre d’instruction de l’armée) du camp de Sathonay. Ce camp sert de base arrière et de centre d’instruction et voit passer de nombreuses unités, dont beaucoup d’unités africaines.

Dès le 6 août, Emile est affecté au 85ème régiment d’artillerie lourde et du 18 au 26 octobre au 230ème régiment d’artillerie lourde. Ce régiment sera dissout après avoir obtenu une citation à l’ordre du 7e corps d’armées le 29 octobre 1918.
Emile rejoint alors les armées sur le front le 27 octobre avec le 66ème régiment d’artillerie de campagne.

L’artillerie de campagne étant insuffisante pour détruire les retranchements adverses, les Français se dotent progressivement d’une artillerie lourde moderne : à la fin de la guerre elle compte 2 000 exemplaires de ce canon court de 155 mm Schneider, sur la photo ci dessus, tirant le 3 septembre 1918 près de Champien. Les artilleurs sont en blouse de bougeron avec le casque Adrian.(source : wikipédia)
Emile est redirigé le 03 février 1919 vers l’intérieur. Il rejoindra enfin la caserne du 43ème régiment d’artillerie le 1er juillet 1919.

Il sera finalement démobilisé le 1er septembre 1919 et rejoindra ses parents à Saint Symphorien les Buttes.
Pour un jeune homme exempté une première fois pour faiblesse, il a connu un incroyable parcours auquel il ne s’attendait certainement pas.

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